La Grotte

La grotte

 

La dernière pièce écrite par Jean Anouilh, une pîèce noire, très noire, qui commence pourtant comme une comédie policière.... une cuisinière est retrouvée assassinée dans la cuisine d'une grande maison... la préfecture dépèche un commissaire qui se croit très finaud, mais qui mert les pieds dans le plat.... c'est comme un grand cluedo... il y a le maître d'hotel compassé, le cocher aviné, le valet de pied filou et hâbleur, la femme de chambre un peu légère, le Comte raide et volage, une comtesse cocue et naîve, une aide de cuisine qui épluche des patates à longueur de journée, un séminariste timide  et la servante Adèle qui est enceinte... sans parler du Baron Jules, fils du premier lit et de son épose écervelée...

 

Mais l'auteur n'est pas content de son début... Il essaye de reprendre la pièce et revient au moment où un séminariste timide et craintif vient remplacer l'abbé qui ensigne le latin aux enfants... et là tout dérape. Le dame s'emballe, les personnages prennent le dessus, et le meutre e la cuisinière,avorteuse à ses heures,ex amante du Comte survient, inéluctable, après un déballage  de turpitudes qui laisse les personnages brisés sur la scène....

Une mise en abyme qui a déconcerté le public lors de la création de la pièce en 1961...

Plusieurs idées fortes traversent la pièce, qui bien que très noire, s'achève sur une note d'espoir. Le petit aide de cuisine ne sera pas écrasé par la fatalité et le déterminisme social. Il s'élèvera au dessus de sa condition et sera libre, et riche à son tour, mais grace à son travail. Le monde compassé et étouffant où se meuvent les personnages sera balayé par la modernité et la liberté.

Le thème obsesssionnel de la pièce est celui des mains, qui obsèdent l'auteur, et qui le poussent à changer le cours de la pièce et à rebaptiser la cuisinière, Hermeline, en Jeanne  Marie, puis en Marie Jeanne, d'après le poème de Rimbaud, les mains de Jeanne Marie. Les mains de Marie Jeanne, celles qui tuent, qui caressent et qui règlent les comptes, les mains du séminariste, qui l'empêchent d'être un "petit Monsieir" comme il faut, les mains rouges d'Adèle, la main enfin que l'auteur embrasse et qui achève l'agonie de Marie Jeanne....

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